Trop la classe

Je reviens tout juste du Festiblog, 4ème édition, petit événement parisien avec plein de blogueurs qui font des dessins pour les gens qui passent. J'y ai rencontré le fort sympathique Surimi Bleu qui a eu la gentillesse (en même temps, il était là pour ça et moi aussi) de me faire ça :

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Mais il est où ? Mais il où ? Mais il est où Yvon Gattaz (tralalala)

Franchement, c'est la question que je me pose lorsque j'entends ça :

L'autorégulation pour régler tous les problèmes, c'est fini. Le laissez-faire, c'est fini. Le marché tout-puissant qui a toujours raison, c'est fini.


Ils sont où, les Yvon Gattaz, Michel Pébereau et autres membres de l'Académie des Sciences Morales et Politiques ? Et plus généralement ceux qui ne supportent que l'on donne une image négative des marchés ou du capitalisme ?

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Un cercle vicieux de la réglementation bancaire ?

Face à la crise économique, financière et bancaire, qui se joue actuellement, de nombreuses voix, plus ou moins autorisées, se font entendre pour demander plus de réglementation, plus d'intervention de l'Etat, plus de contrôle sur le fonctionnement des marchés financiers, décidément bien incapables de se réguler seuls. Certes, mais la réglementation est-elle une solution aussi efficace que l'on veut bien le dire ? Si les marchés sont un mode de coordination qui a des défauts, n'est-ce pas également le cas de l'action de l'Etat ? Ces demandes sont-elles véritablement une solution au problème ou, au contraire, en font-elles parties ? Quelques réflexions à l'aide de la sociologie des organisations pour y voir un peu plus clair.


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Roger Guesnerie dans Alter Eco

A lire absolument pour tous ceux que ces questions intéressent : l'interview de Roger Guesnerie, président de la commission à l'origine du fameux rapport, sur le site d'Alternatives Economiques. On en sort avec les idées beaucoup plus claires sur ce qui est proposé, et, dans mon cas, on n'envisagerait même de se laisser aller à une forme d'optimiste (vous noterez ma prudence...).

Si vous vous intéressez aux sciences sociales, c'est tout de même parce que ça permet de comprendre la société !


Il n'est en effet pas inutile de rappeler que les sciences sociales servent, avant tout, à comprendre la société telle qu'elle est, et non à former des adeptes de l'entreprise ou de l'altermondialisme. Cela ne veut pas dire que les entreprises ou les altermondialistes ne peuvent pas avoir recours aux sciences sociales - et ils y ont même intérêt s'ils veulent un tant soit peu comprendre ce qui se passe - mais simplement que les savoirs produits par ces sciences ne peuvent se juger et se justifier à cette aune-là.

Sur les objectifs des SES :

Les objectifs de l'enseignement de Sciences économiques et sociales doivent demeurer de former le futur citoyen, de le préparer aux études supérieures et au-delà à l'entrée dans la vie professionnelle. Comme tous les enseignements du lycée. Ce qu'affirme le rapport est qu'il n'y a pas de contradiction entre l'objectif de formation citoyenne et celui de préparation aux études supérieures et qu'on peut améliorer l'enseignement des Sciences économiques et sociales sur ces deux plans.


Tranchant avec ce que j'avais compris à la lecture du rapport (ce qui confirme le rôle de l'interprétation en la matière), Roger Guesnerie affirme que les deux objectifs principaux des SES - former le citoyen et former aux sciences sociales - sont conjoints et qu'il n'y a donc pas de difficultés particulières à les tenir. Pour ma part, j'ai tout de même, dans ma pratique, le sentiment d'un tension entre les deux. Mais cette tension n'interdit pas des synergies : la formation à la citoyenneté permet d'intéresser les élèves et la connaissance des sciences sociales est, bien évidemment, indispensable si on veut être un citoyen.

Sur les "fondamentaux" :

Plus qu'une hiérarchie des priorités, j'y vois une exigence d'un bon algorithme de la construction des programmes. La difficulté n'est pas de définir les grandes questions, les grands thèmes qu'on souhaite voir traiter. Chacun s'accorde pour dire qu'il faut étudier par exemple la consommation, le marché du travail et l'emploi, l'entreprise, etc. même si l'ordre dans lequel il faut traiter ces thèmes n'est pas évident. La vraie difficulté, c'est de définir la liste des concepts, des outils qu'on veut voir maîtrisés par les élèves, puis, à partir de cette liste, de voir comment l'articuler avec les grands thèmes, en s'efforçant d'aboutir à un parcours cumulatif, qui croise intelligemment regard sur le monde et l'apprentissage des bases des cultures disciplinaires économiques et sociologiques.


L'expression "fondamentaux" ou "retour aux fondamentaux" a souvent été utilisé, en enseignement, pour désigner le retour à un enseignement très désincarné, se concentrant sur quelques outils ou concepts sans se soucier véritablement du sens que l'élève peut trouver dans les activités d'enseignement. Cela sur la conviction qu'il faut apprendre la "base" avant tout autre chose. L'utilisation de cette formule dans le rapport Guesnerie avait de quoi inquiéter, surtout concernant un enseignement dont la plus-value en terme de sens est l'une des grandes qualités. On peut ici être rassuré : les fondamentaux concernent avant tout la conception des programmes et non les activités mises en oeuvre avec les élèves.

Sur le croisement des regards entre science économique et sociologie :

Il n'y avait pas unanimité sur ce point entre nous. Cela dit, le rapport considère qu'il faut conserver le double regard de l'économie et de la sociologie. En revanche, il constate que le recours à chacune de ces disciplines peut varier selon les objets étudiés. Les deux regards sont nécessaires pour comprendre l'entreprise ou la consommation. En revanche, on peut penser qu'il faut voir plutôt la famille sous l'angle sociologique. On n'est pas forcément obligé d'étudier Gary Becker au lycée !



Le croisement des regards n'est donc pas à abandonner selon Roger Guesnerie, mais juste à préciser et à ne pas systématiser. Cela décevra peut-être certains, mais, en l'attente de l'apparition d'une science sociale générale et unique parvenant à articuler les apports des différentes disciplines actuellement en vigueur, c'est sans doute la proposition la plus raisonnable. La rencontre entre discipline est bien évidemment passionnante et essentielle - et je suis moi-même un adepte de sociologie économique. Mais elle est aussi difficile, et on peut légitimement penser que, sur certains points, elles risquent plus de gêner des élèves qui découvrent et les sciences sociales en général et les disciplines en particulier.

Les choses sont bien sûr loin d'être gagnées, et cette interview ne peut calmer mes inquiétudes sur la réforme qui approche - je n'ai aucune envie d'enseigner du droit par exemple (de la sociologie du droit oui, de la science politique aussi, du droit non), simplement parce qu'il y a des gens dont c'est le métier et qui seront bien meilleur que moi à cet exercice. Mais il faut reconnaître que ça fait du bien...

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[Une heure de lecture #6] En attendant la réforme

Comme la note sur le busing et la mixité sociale prend un peu de retard – comme d'habitude, j'étais parti sur un truc simple et court, et je me retrouve à faire un long post, se référant à bien plus de travaux que prévus... - je vais vous reparler un peu de sciences économiques et sociales en signalant quelques liens intéressants.


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One hour of pain

Trop la classe : mon dernier billet - ma réponse au tag/mème "Why blog ?" - a fait l'objet d'un digest en anglais par Christine Monnier sur The Global Sociology Blog. Me voilà un auteur traduit. Mon ego avait bien besoin de ça, tiens.

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Why blog ?

Tiens, c’est vrai, ça : why blog, au fait ? Le Doc me propose de répondre à cette difficile question dans le cadre d’une nouvelle chaîne, après que l’idée ait été lancée par Tom Roud (si j’ai bien suivi). Un petit moment de réflexivité, donc, quoi de mieux pour ouvrir la saison 2 d’Une heure de peine ? En effet, après une pause estivale, légèrement prolongée par le grand rush de la rentrée, me voici de retour sur la blogosphère.


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