La critique ou la mort

C'est une anecdote bien connue des cinéphiles : la première version de la fin du film La petite boutique des horreurs (Frank Oz, 1986) n'a pas été diffusé en salle. Le réalisateur voulait conserver le dénouement original de la comédie musicale : la plante carnivore Audrey II mange les deux héros, Seymour et Audrey, puis se lance à l'assaut du monde dans une longue séquence pleine d'effets spéciaux. Mais lors des projections tests, le public réagit mal, visiblement choqué par la noirceur de ce final. Bien qu'elles aient coûté la modique somme de 5 millions de dollars (sur un budget de 25 millions), ces 23 minutes de film sont abandonnées et une nouvelle fin, plus heureuse, est tournée. C'est celle que découvrira le public en salles. Il faudra attendre 2012 pour que la "mauvaise fin" soit rendue en DVD, et fasse même l'objet d'une projection où elle sera accueillie avec des applaudissements.

Cette petite histoire peut nous apprendre beaucoup de choses sur l'actualité, sur ce film que l'on dit volontiers "censuré" ou sur es statues que certains abattent alors que d'autres voudraient les maintenir en place. Mais pour y parvenir, il va falloir faire un petit détour par la sociologie de l'art.

Read More...