Sociologie de la rémunération des traders

Ainsi, la France veut encadrer la rémunération des traders. Voilà une proposition qui ne manquera pas de séduire sur l'aile gauche de la sacro-sainte opinion publique, ainsi que dans une aile droite finalement plus conservatrice que véritablement libérale. Protagoniste mythique et mythifié des marchés financiers, le trader reste pour beaucoup un être mystérieux, dont les agissements sont à peu près aussi incompréhensibles que les sommes qu'il reçoit pour cela. Parasite pour les uns, modèle pour les autres, le trader s'aborde trop souvent en terme moraux, sur le thème du pour/contre. La sociologie peut nous permettre une autre compréhension, tant du personnage que de sa rémunération.




1. Le mythe du trader : un mode de légitimation


La façon dont on se représente, dont les médias autant que les acteurs économiques eux-mêmes présentent et représentent, les traders fait partie du rapport salarial qui explique leurs rémunérations, ou plutôt la possibilité de leur rémunération. En effet, comme le disait Pierre Bourdieu des relations de parenté [1], il faut aborder celui dans sa double vérité de rapports symboliques de légitimation et de rapports de force économiques. N'aborder qu'un seul des aspects peut se justifier pour des raisons méthodologiques dans la recherche, mais il faut nécessairement en venir à lier les deux. Le mythe du trader est en effet ce qui rend légitime et donc possible sa rémunération, la rend acceptable auprès de différents acteurs, en particulier politiques, capables d'influer sur elle. C'est cet aspect qui est remis en cause par la crise actuelle, tandis que le rapport de force économique ne devrait pas connaître de perturbations notables.


Qu'est-ce que le mythe, ou la représentation sociale, du trader ? On en trouve la trace dans de nombreuses oeuvres de fiction qui proposent une mise en scène, souvent idéalisé, des acteurs des marchés financiers qui finissent, peu ou prou, à tous être identifié comme traders, sans s'embarrasser de distinctions particulière. En France, on peut citer Largo Wich comme exemple de cette apologie confuse de tout ce qui touche à la richesse et à la finance. Des ouvrages comme American Psycho de Brett Easton Ellis ou des événements médiatiques, comme l'affaire Jérôme Kerviel, contribuent également à la construction de ces représentations, à une certaine forme de typification [2] du trader. Si je choisis volontairement deux exemples a priori « négatifs » - le psychopathe Ellisien et le flambeur de la Société Générale – c'est pour souligner que la présentation du trader n'a pas spécialement à être laudative pour être efficace : elle peut même être critique. Il suffit qu'elle souligne, d'une façon ou d'une autre, l'extrême puissance et les grandes compétences de ces travailleurs de la finance, qui peuvent inquiéter autant qu'impressionner.


C'est que derrière se construit une représentation du golden boy sur-humain dans le sens où il manipule et influence le monde à une très large échelle – mythe d'autant plus réel que, comme le montre Olivier Godechot, il constitue un modèle idéal pour certains aspirants [3]. Ainsi, dans l'affaire Kerviel, les médias ont été friand de cette image d'une homme seul qui met en péril une banque et de nombreux emplois : une façon de souligner en négatif l'incroyable pouvoir des traders, pouvoir de vie et de mort sur des emplois (qui semblent parfois constituer une richesse égale à la vie humaine), et par là la nécessité pour eux d'un important niveau de compétence. L'insistance sur la question du diplôme de Jérôme Kerviel, diplôme d'université et non de grande école de commerce ou d'ingénieur, tient à la fois de la stratégie de défense d'un groupe – qui désigne le coupable comme un mouton noir – et de la fascination pour l'ésotérisme de la finance, forcément inaccessible au commun des mortels.


Ce mythe du trader est constitué de deux éléments centraux qui légitiment l'envolée de leurs rémunérations. Premièrement, le trader exerce une activité importante – même si on ne sait pas toujours ce qu'il fait – et dont les risques sont élevés autant pour lui (même si les traders manipulent surtout l'argent des autres, le risque de « se planter » et de voir sa carrière ruinée est mis en avant) que pour l'ensemble de la société, la crise financière nourrissant encore ce sentiment. Deuxièmement, pour exercer ces activités dangereuses, le trader a besoin de qualités « sur-humaines ». Celles-ci peuvent alors s'incarner dans un haut niveau de diplôme légitimant sa position ou dans un instinct, une intuition, ou encore un « esprit animal » qui mettent ceux qui les possèdent hors du commun du mortel. L'un comme l'autre en viennent à constituer le trader en être exceptionnel méritant donc une rémunération exceptionnelle. Le risque et le diplôme légitiment salaires et surtout bonus dans des justifications relativement classique – efficacité, qualifications - ; l'exceptionnalité de la personne, souvent peu explicable en terme rationnels, place la justification dans un principe plus « inspiré » [4], proche des justifications artistiques – le don, le talent. C'est la combinaison de ces deux principes de justification qui permettent aux traders de prétendre et de faire accepter par le reste de la société leurs rémunérations d'ampleur peu communes.


Evidemment, en période de crise économique, certains de ces éléments se retournent contre ceux qui les emploient. L'ésotérisme de la pratique financière [3] a été une force pour le groupe des traders : elle a assuré de laisser la question du jugement de l'efficacité et de l'inefficacité, du bon et du mauvais trader, aux mains des seuls « initiés », ce qui est toujours un facteur de pouvoir pour le groupe concerné. Mais en laissant dans le flou la différenciation des activités de l'industrie financière, il amène également à une contestation générale de celle-ci : toute la « spéculation » devient condamnable, sans discernement au sein du vaste ensemble de celle-ci, ni interrogation sur l'utilité de certaines de ses formes. Le désencastrement symbolique de cette activité économique, placé en apparence hors de portée de la compréhension et des relations humaines communes, n'est plus justifiable lorsque se développent et se diffusent des principes de justifications basées sur l'idée de « citoyenneté ».


2. Le pouvoir du trader : le rapport de force économique


Si la crise vient modifier le mode de légitimation des gains économiques des traders, elle ne remet pas pour autant en cause le rapport de force économique qui les sous-tend. Ce dernier est parfois interprété en termes d'incitations optimales : les rémunérations importantes des traders seraient un moyen de les encourager à travailler au mieux, le plus efficacement possible et surtout dans l'intérêt de leurs employeurs – dans un contexte où il leur est possible de « jouer » pour eux autant que pour la banque ou l'institution qui les emploie. Cette explication, issue de l'économie institutionnelle, épouse sans trop de mal le mode de justification précédemment évoqué. Elle est pourtant limitée : dans certains cas, l'attribution d'un bonus à un ou plusieurs traders revient à priver d'autres membres de son équipe d'une incitation de même type. Rien ne permet de dire que l'appropriation d'une partie de la manne par quelques uns soit réellement optimale.


Olivier Godechot propose un modèle alternatif qui rend mieux compte de ces rémunérations : celui du hold-up [5]. Il appréhende le marché du travail non comme un simple lieu où circulent des personnes mais aussi comme un système de transferts d'actifs. Lorsqu'un individu quitte son emploi, il emporte avec lui un ensemble de choses acquis dans l'entreprise : savoirs, compétences, informations, relations, etc. Ce sont ces actifs qui leur permettent d'obtenir des rémunérations auprès de leurs employeurs, que ceux-ci souhaitent les conserver ou se les approprier.


« Les opérateurs ne partent pas seuls. Lorsqu'ils démissionnent, ils partent avec leurs corps, lieu de déposition d'un ensemble d'actifs qui leur donnent une grande valeur sur le marché du travail. Ils partent avec de l'information, des savoirs, des savoir-faire. Ils partent avec des clients. Ils partent avec des équipes. Ce marché du travail est donc fondamentalement double. Il est à la fois marché des personnes et marché de ce qui est emporté par les personnes. Ce qui fait la valeur du transfert doit plus être cherché dans les actifs transferés que dans les compétences intrinsèques des personnes qui portent ces actifs » [5, p. 20].


Notons donc que ces actifs sont loin de se limiter aux compétences que l'on retient traditionnellement pour différencier les travailleurs sur les marchés du travail. Ils concernent également l'information particulière accumulé sur un marché et, surtout, le capital social propre aux traders, c'est-à-dire les relations que ceux-ci entretiennent avec leurs clients et avec leurs collègues. Si ces relations sont transférables, c'est que les marchés financiers, loin d'être des lieux de rencontre impersonnels entre acteurs anonymes, sont très fortement personnalisés – et c'est là que la sociologie économique, parce qu'elle propose de prendre en compte les « médiations sociales » qui expliquent les résultats économiques, est utile [6]. Du fait du grand nombre d'agents qui y interviennent, un acteur ne peut pas accumuler et traiter systématiquement toute l'information disponible. Se constituent donc des réseaux entre les intervenants [7], les quels influencent à la fois leurs possibilités de gains mais aussi la volatilité des prix des actifs échangés. La possession et la maîtrise d'un réseau sont donc des actifs appropriables par les traders. Ils trouvent là le fondement de leur pouvoir.


On peut rapprocher ces réflexions de celles de Ronald Burt sur les « trous structuraux » [8]. Selon lui, le capital social d'un individu est d'autant plus efficace qu'il comporte des « trous », c'est-à-dire que l'individu en question est un pont unique entre deux individus, le seul moyen de les relier. C'est ce qui arrive dans le cas des traders et de leurs clients : entre la banque et le client, il n'existe qu'un seul chemin qui passe nécessairement par le trader. Cela le place en position d'arbitre entre les deux. De même, entre les différents membres d'une salle de marché : un chef de salle est le seul à connaître véritablement les qualités de ses collaborateurs. Son départ s'apparente entraîne pour ceux-ci un risque de voir leurs possibilités de promotion et d'avancement se réduire comme peau de chagrin. Il est donc préférable de partir avec lui plutôt que de rester. Et ce d'autant plus que l'accession au rang de trader apparaît comme un graal difficilement inaccessible [3].


Il faut rajouter deux autres caractéristiques quant à ces actifs qui avantagent les traders. Premièrement, ils dépendent d'investissement fait par la banque : la constitution d'un carnet d'adresse prend du temps, demande, souvent, de s'appuyer sur des relations préexistantes chez des supérieurs [3], et implique souvent plusieurs mois de long démarchage avant de pouvoir conclure le moindre échange. Pendant ce temps, c'est la banque qui paye, c'est-à-dire qui permet au jeune ou au moins jeune de se constituer ou d'étoffer son capital social. Deuxièmement, ces actifs sont très spécifiques pour la banque et peu spécifique pour le trader. On parle d'actif spécifique lorsque celui-ci ne peut être déployé ailleurs que là où il a été produit et dépend donc d'une relation spécifique entre deux acteurs [9]. Ainsi, si une entreprise produit un type de pièce que seul une autre entreprise peut lui acheter, comme c'est le cas de nombreux sous-traitant, on parlera d'actifs spécifiques si les machines utiles à cette production ne peuvent être utilisées pour produire un autre type de pièce. Il en va de même pour le capital social des traders : pour la banque, l'investissement effectué dépend entièrement de la fidélité de son employé. Par contre, un trader peut très facilement transférer son capital social dans une autre institution. Ainsi, les traders parviennent à s'approprier une part importante des investissements réalisés de façon collective par l'entreprise. Il faut insister sur le fait que ce capital social est une production collective : pour le rassembler, il ne suffit pas de l'action d'un seul individu, mais d'une multitude, front office, back office, commercial, marketing, image de marque de la banque, etc. Mais un petit nombre d'individu peut en profiter du fait de la structure particulière des marchés financiers.


C'est de cette appropriation, de ces « quasi-droits de propriétés sur les actifs collectifs de l'entreprise » [5, p. 2] que les traders tirent le pouvoir qui leur est nécessaire pour obtenir les rémunérations que l'on sait. Ils peuvent en effet s'y appuyer dessus pour réaliser un véritable hold-up, forme particulière d'opportunisme : cela consiste à prendre appui sur une menace crédible de dommage causé au partenaire (ici, la banque) pour parvenir à obtenir un avantage, la satisfaction d'une demande particulière. Et Olivier Godechot de préciser, dans une note de bas de page : « lors d'un braquage, le point d'appui est l'arme à feu, le malheur réside dans le décès et la demande formulée est la caisse » [5, p. 8].


Les banques peuvent certes imaginer des moyens de se protéger – en aval ou en amont – mais cela reste de toute façon limité : d'une part, cela demanderait des contrats particulièrement complet, alors que ceux-ci ne le sont jamais, ensuite cette appropriation est légitimée par la mythification du trader que les compétences et les qualités exceptionnelles rendent forcément méritant. Ainsi, après avoir minitieusement décrit un cas exemplaire de hold-up, où un chef de salle et un adjoint sont parvenus à se réserver une part substantielle des bonus de la salle en agitant la menace d'un départ commun, Olivier Godechot rapporte les paroles d'un chef de back-office, première victime de ce coup réussi : « il les a gagnés ! Il les a mérités ! » [5, p. 19]. Le mode de légitimation à l'oeuvre dans ce secteur n'est donc pas sans effet sur le pouvoir obtenu : il permet de le faire accepter, d'éviter les contestations, même, et sans doute surtout, les plus proches. Ainsi, la renégociation d'un contrat sur une base de hold-up, c'est-à-dire, le plus souvent, en demandant à l'employeur de s'aligner sur l'offre d'un concurrent, est chose courante, sans être perçu comme acte déloyal [5, p. 19].


3. Les marchés financiers : des structures sociales


Ces analyses peuvent amener à des réflexions sociologiques plus générales, sur la nature des marchés du travail et des marchés financiers. Dans les deux cas, on est amener à déconstruire la notion très générale de « marché » qu'utilise les économistes. Si ceux-ci peuvent faire varier quelque peu leur définition sur la base de quelques critères, relatifs à la nature de la concurrence, ils conservent généralement un fonctionnement commun au marché, pris au singulier, le pluriel ne venant finalement que distinguer les biens différents qui s'échangent selon des modalités communes. La sociologie économique invite à prendre le problème différemment : en tenant compte des relations sociales qui se jouent sur les marchés, elle permet de mieux comprendre leur fonctionnement concret, et d'écrire alors marchés véritablement au pluriel.


Prenons le cas des marchés du travail. On peut certes les distinguer en fonction du type de travail – qualifié, non-qualifié, etc. - qui s'y échangent, et mettre à jour, comme l'ont fait les économistes, des formes de dualisme, de séparation et de cloisonnement entre les marchés sur cette base. Mais on peut également prendre garde aux liens qu'entretiennent ces différents marchés avec d'autres espaces d'échanges comme les marchés financiers. En tenant compte des spécificités de ces derniers, on peut mettre à jour que le marché du travail de l'industrie financière n'est pas, justement, un marché où s'échange du travail, mais un marché où s'échange des actifs. De ce fait, ils deviennent le lieu de véritable OPA – Offre Publique d'Achat – où une entreprise peut simplement « racheter » son concurrent en acquérant l'ensemble des actifs de celle-ci.


Il en va de même pour les marchés financiers, où la question peut se poser avec encore plus d'acuité : dans quelle mesure s'agit-t-il véritablement de marché ? La question est d'autant plus grave qu'ils sont généralement présentés comme la forme la plus achevée ou la plus proche de la concurrence pure et parfaite. Si on retient la définition weberienne de Pierre François des marchés [10], on peut se poser quelques sérieuses questions – questions auxquelles je ne prétend pas avoir la réponse. Un marché est alors envisagé comme une double interaction : d'abord le choix mutuel de deux partenaires – offreurs et demandeurs – dans deux ensembles plus vastes, puis la négociation entre ces deux partenaires. Etant donné l'importance centrale du capital social sur ces marchés, est-ce vraiment ce qui se passe ? La formation de réseaux personnels et personnalisés peut en faire douter. Mais surtout, on peut se demander à quel niveau a véritablement lieu le marché. Celui-ci ne met peut-être pas en compétition des banques, des institutions et des entreprises, mais à un niveau plus étroit, un petit nombre d'individus. Il serait nécessaire de faire une « cartographie » de la vie économique [10] de la finance, c'est-à-dire définir à quels endroits on trouve effectivement des marchés et à quels autres on rencontre d'autres formes de coordination économique – hiérarchie, réseau, réciprocité, etc.

Suivant ces propositions, il s'agit alors d'envisager de façon différente les marchés financiers : il faut les voir comme des structures sociales, où les relations qui se tissent entre les acteurs, qu'il s'agisse de simples interactions ou de rapports durables, importent et influencent le résultat global – le prix comme l'efficience. L'étude célèbre de Wayne Baker [6] montre ainsi que la formation des réseaux sur les marchés financiers entraîne une plus grande volatilité des prix : comme il est impossible pour un individu de rassembler de l'information sur tous les partenaires potentiels à l'échange, il limite le nombre de ces interactions à un réseau de taille limité, ce qui entraîne la formation de plusieurs réseaux entre lesquels les prix peuvent varier. Les travaux d'Olivier Godechot sur lesquels je me suis appuyé ici invitent à prendre en compte les réseaux durables : l'engagement dans une relation longue et personnalisée (volontairement et consciemment personnalisée d'ailleurs) ne peut aller de pair avec une recherche constante de la meilleure offre possible.


N'en concluons pas trop vite que les marchés financiers sont des marchés « imparfaits » : l'expression n'a de sens que par rapport à la représentation néoclassique d'un marché parfait. Elle ne peut avoir cours en sociologie, où un marché est nécessairement un objet historique particulier. Comme indiqué ci-dessus, la sociologie consiste à mettre du pluriel là où d'autres voient du singulier : le marché n'existe pas, il n'y a que des marchés. Et les « défauts » des marchés financiers ne sont que des caractéristiques inévitables liées au type d'activité qui y a cours. Comme le dit Wayne Baker [6], on peut imaginer toutes les tentatives pour les rapprocher de la « perfection », il ne sera jamais possible d'en faire autre chose que des structures sociales, sur lesquelles les individus ne peuvent nouer qu'un nombre fini (et donc limité) de relations. Loin de toute représentation mythologique qui font des marchés financiers les nouveaux dieux décidant de notre vie, ce sont des marchés comme les autres.


Bibliographie :

[1] Pierre Bourdieu, « La parenté comme représentation et comme volonté », Esquisse d'une théorie de la pratique, 1972

[2] Peter Berger, Thomas Luckmann, La construction sociale de la réalité, 1966

[3] Olivier Godechot, Les traders. Essai de sociologie économique, 2000

[4] Luc Boltanski, Laurent Thévenot, De la justification. Les économies de la grandeur, 1991

[5] Olivier Godechot, « Hold-up en finance. Les conditions de possibilité des bonus élevés dans l'industrie financière », Revue Française de Sociologie, 2006

[6] Philippe Steiner, Sociologie économique, 2005

[7] Wayne Baker, « The Social Structure of a National Securities Market », American Journal of Sociology, 1984 (disponible en français dans la revue Idees, consacrée à l'enseignement des SES).

[8] Ronald Burt, Structural Holes ; The Social Structure of Competition, 1995

[9] Oliver Williamson, Les institutions de l'économie, 1985

[10] Pierre François, Sociologie des marchés, 2008



3 commentaires:

Worley a dit…

Merci beaucoup pour cet article. Plaisir à lire
Je découvre la sociologie économique..Un régal.
Encore merci
A

Crapaud froid a dit…

"le marché n'existe pas, il n'y a que des marchés" : cette proposition est d'une grande généralité. De façon analogue, on peut dire que "l'or n'existe pas", on ne trouve que de l'or: en pépites, en pièces, en lingots... On en conclut facilement que parler de "le marché", par exemple pour vanter sa "main invisible" et bienfaitrice, relève du bourrage de crâne.

Denis Colombi a dit…

Les choses sont plus précises : les économistes considèrent également des marchés différents, de formes différentes, mais appuyés sur un modèle commun ahistorique - le marché est alors un modèle au sens scientifique (et non politique ou autre) du terme. Au contraire, la sociologie économique propose d'autres outils théoriques pour appréhender les marchés comme des objets historiques.

A propos de votre remarque sur le "bourrage de crâne", je dois dire que j'aimerais bien savoir qui, en France, fait une apologie béate de la main invisible. Les économistes ne le font pas - et les développements récents de la microéconomie posent de très sérieuses questions à propos de cet honorable modèle. Les hommes politiques français non plus, eux par totale méconnaissance de la chose, leur "libéralisme" n'étant qu'un pur effet d'affichage...

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