Jouer à la belote est-il économiquement inutile ?

Répondant à une question de Jean-Marc Ayrault, Xavier Bertrand, ministre du travail, des relations sociales, de la famille, de la solidarité, a reproché à ses adversaires socialistes de vouloir défendre « droit au bonheur des tournois de belote, des tournois de fléchettes, des concours de majorettes ou de la pratique de la musculation ». Remarque sociologiquement passionnante, puisqu'elle va nous permettre de parler de capital social.


M. Jean-Marc Ayrault. Monsieur le président, monsieur le Premier ministre, le Président de la République a fait du travail dominical un « marqueur politique ». On ne saurait mieux dire. C’est effectivement la marque de la solitude du Président qui s’accroche à ce projet refusé par la société tout entière. (Applaudissements sur plusieurs bancs des groupes SRC et GDR. – Exclamations sur les bancs du groupe UMP.)
C’est le symbole d’une vision archaïque qui remet en cause l’un des droits les plus anciens de l’histoire humaine : le repos dominical. (Exclamations sur les bancs du groupe UMP.)
Cet acharnement est l’expression de conceptions mercantiles où le travail et la consommation écrasent tout : les droits sociaux, la vie familiale, les engagements associatifs, culturels ou spirituels. (Exclamations sur les bancs du groupe UMP.
[...]
M. Xavier Bertrand, ministre du travail, des relations sociales, de la famille et de la solidarité. Monsieur le président, monsieur le président Ayrault, ce qui serait un progrès, c’est que le groupe socialiste renonce en permanence à son obstruction parlementaire ! (Applaudissements sur les bancs du groupe UMP. – Vives protestations sur les bancs du groupe SRC.)
Ce qui serait un progrès, c’est que vous renonciez à défendre 4 400 amendements, dont dix seulement portent sur le fond du texte ! (Exclamations sur les bancs du groupe SRC.)
Ce qui serait un progrès, c’est de dire la vérité aux Français ! Les amendements que défendra le groupe socialiste lors de ce débat tendront tout simplement à invoquer la sauvegarde du droit au bonheur des tournois de belote, des tournois de fléchettes, des concours de majorettes ou de la pratique de la musculation ! (« Bravo ! » et applaudissements sur les bancs du groupe UMP. – Protestations sur les bancs du groupe SRC.) Voilà ce que sont les propositions du groupe socialiste, monsieur Ayrault ! (Exclamations sur les bancs du groupe SRC.) Voilà pourquoi les amendements que vous défendrez sur ce texte viseront à soumettre les dérogations à l’avis du club d’échecs local, du club de natation ou d’arts martiaux ! Il est vrai que c’est plus facile à obtenir comme avis que celui du Conseil national du parti socialiste ! (Applaudissements sur les bancs du groupe UMP. – Protestations sur les bancs du groupe SRC.)

Résumons les choses calmement : Jean-Marc Ayrault, membre de l'opposition, critique le projet du « travail le dimanche » invoquant la cité domestique – c'est-à-dire, ici, la solidarité entre les hommes – et la cité civique – le bien commun, et Xavier Bertrand lui répond en évoquant un autre mode de justification, en fait deux autres cités au sens de Boltanski et Thévenot [1] (pour tout savoir sur ces deux auteurs, lire cette note), la cité marchande – c'est-à-dire la justification par la liberté du marché – et la cité industrielle – celle de l'efficacité.

Les types d'argumentation utilisés par les hommes politiques doivent être pris en considération, contrairement à une certaine tradition ancienne et aujourd'hui un peu dépassée, de la sociologie et de la science politique. C'est ce que rappelait avec beaucoup de justesse Cyril Lemieux dans sa chronique radio du 9 décembre dernier. L'affrontement autour du travail du dimanche nous permet de mieux comprendre pourquoi, par exemple, les groupes de gauche en viennent à défendre ce qui peut apparaître comme une tradition et un privilège religieux – est-il utile de préciser les origines du dimanche chômé ? - apparemment à l'encontre de leurs traditions progressiste et laïque. C'est qu'il se réfère à des principes de justice qui leur sont anciens, le bien commun et la solidarité, face à des principes tout aussi caractéristiques de la droite, le marché et l'industrie. Rien de nouveau sous le soleil sur ce plan-là.

Xavier Bertrand oppose, de façon rapide mais néanmoins claire, deux groupes sinon d'individus au moins de pratiques. D'un côté, du « bon », ceux qui veulent travailler, produire, être économiquement utiles, de l'autre ceux qui se consacrent ou désirent consacrer du temps à des activités visiblement d'un faible intérêt : « des tournois de belote, des tournois de fléchettes, des concours de majorettes ou de la pratique de la musculation ! ». Pour s'en convaincre, il suffit de lire un peu plus loin dans le compte-rendu de la séance :


M. Xavier Bertrand, ministre du travail. Si je respecte le droit d’amendement, j’estime qu’il est aussi nécessaire de respecter les Français qui, aujourd’hui, veulent travailler le dimanche.


Il y aurait déjà beaucoup à dire sur ce genre de considération qui manifeste, il faut bien le dire, d'un certain ethnocentrisme de classe. L'ethnocentrisme, rappelons-le, c'est cette attitude qui consiste à juger des comportements des autres en fonction des valeurs de sa propre culture : classiquement, considérer que le cannibalisme est une pratique inhumaine parce que l'on ne veut pas voir comment celui-ci s'inscrit dans les pratiques et la cohérence d'une culture autre. Ici, Xavier Bertrand applique ses propres valeurs – celles de l'utilité marchande – a des groupes qui ne les partagent pas forcément. En témoigne son choix très particulier dans les activités « dénoncées » qui renvoient en partie à l'image d'une France rurale et en retard (la belote, les fléchettes, les majorettes) et plus généralement à des pratiques populaires peu ou pas valorisées. Pourquoi ne pas avoir parlé des clubs de tennis ou de golf, de l'Automobile Club ou de la pratique du piano classique ?

Emprunter cette voie pour critiquer la prise de position du ministre serait intéressant, mais ce serait là une critique externe dans le sens où elle devrait se placer nécessairement dans un autre système de valeur, en montrant par exemple que l'efficacité économique d'une activité ne peut être retenue comme le seul critère de jugement. Il faudrait alors mener une critique de la raison marchande et de l'utilité économique.

Il est également possible d'avancer une critique interne, c'est-à-dire en se plaçant précisément dans le cadre de la raison marchande. Déformation professionnelle oblige, j'ai tendance à trouver ce genre de critique beaucoup plus intéressante, à la fois parce que plus difficile et parce que plus efficace. Si la critique externe mène systématiquement à une « guerre des dieux », pour parler comme Max Weber, un affrontement entre paradigmes, entre façons de voir et de concevoir le monde, entre idéologies, une bonne critique interne est beaucoup plus embêtante puisqu'elle dévoile les contradictions de l'énonciateur, incapable de mener à bien le projet qu'il se donne. Par goût pour la polémique et par habitude de la dissertation (on ne sort pas indemne de certaines études), je me sens presque obligé de mener telle critique.

Posons donc la question en termes clairs et directs : d'un point de vue de l'utilité économique, jouer à la belote est-il une activité inutile ? Est-il pertinent, d'un point de vue de politique économique, que l'on encourage les gens à abandonner ce genre d'activité au profit de la production, du travail ? N'y a-t-il pas quelques bons arguments pour justifier la défense de ces activités ? Si on accepte d'aborder les choses d'un point de vue de sociologie économique, les choses sont beaucoup moins tranchées que les déclarations de Xavier Bertrand le laisse entendre.

Tout d'abord, que se passe-t-il pendant une partie ou un tournoi de belote ? On rencontre des gens, on discute avec eux, on parle de belote, certes, mais aussi probablement de toutes sortes d'autres choses. Les gens qu'on y croise ont des chances d'y être des personnes différentes de celles que l'on croise toute la semaine. Peut-être pas tous, mais au moins quelques uns. Cela est valable également pour d'autres pratiques. Se faisant, on crée des liens, et certainement des liens « qui sont des ponts » (ça devrait comment à vous être familier ce vocabulaire quand même) [2]. C'est-à-dire des liens qui permettent à un individu d'avoir accès à des réseaux autre que le sien. Et qui dit réseaux dit information : offre/demande d'emploi, opportunités économiques diverses, idées, innovation, etc. La circulation des informations le long des réseaux contribue au fonctionnement de l'économie.

Le rôle de la sociabilité dans le fonctionnement de l'économie ne doit pas être négligé. Les traders et autres salariés à haut revenus maîtrisent parfaitement la manipulation de leurs réseaux et particulièrement de leurs liens faibles, y compris au niveau international et depuis la petite enfance [3]. Ils utilisent d'ailleurs des sites dédiées à la gestion de ce type de lien comme facebook ou linkdln. Est-ce que cela ne concernerait que les professions les plus prestigieuses, et donc certaines pratiques de sociabilité éloignées de la quotidienneté de la partie de belote dominicale ? On peut en douter. Catherine Comet, dans une perspective un peu différente, montre l'importance du capital social, des réseaux sociaux, pour la profitabilité des artisans du bâtiment [4]. Les activités dominicales sont un moyen comme un autre de constituer et d'entretenir ces réseaux. Pour certains liens, il est même essentiel que ceux-ci n'apparaissent pas motivés uniquement par des considérations marchandes, bien qu'ils aient une influence importante sur le fonctionnement du marché.

Mais ces liens ne sont pas seulement importants pour la réussite des acteurs pris individuellement, mais également pour le fonctionnement optimal du marché. C'est là qu'intervient l'autre conception du capital social, inspiré des travaux de James S. Coleman [5]. Celui-ci est alors pris dans un sens plus collectif : pendant du capital économique et du capital humain, il a pour rôle de maintenir la confiance et de permettre le fonctionnement de l'action collective au sein d'un groupe. Formulé de cette façon, la notion n'en finit pas de poser problème [6]. : elle rassemble en effet aussi bien les relations et les liens entre les individus que les normes, en particulier celle qui garantissent la réciprocité des échanges et la confiance entre membres du groupe, sans qu'il ne soit plus possible de comprendre comment se forme ce capital. Tout le problème vient du fait qu'il n'est défini que par sa fonction. C'est pourquoi je préfère considérer, pour ma part, que le capital social est constitué de l'ensemble des liens qui permettent aux normes de réciprocité (et notamment à la confiance) de s'appliquer.

Partant de là, il faut considérer que pour fonctionner, le marché et les échanges économiques ont besoin d'un certain degré de confiance. Si les acteurs devaient sans cesse composer avec l'opportunisme des autres, ils n'en finiraient plus d'essayer de se protéger de celle-ci tout en concevant eux-mêmes des façons de trahir leurs partenaires, et, rapidement, tout échange serait simplement trop coûteux pour avoir lieux. Un certain degré de confiance est donc nécessaire, ne serait-ce que parce que la rationalité procédurable amène naturellement à faire confiance à un moment donné pour mettre fin à la recherche d'information (laquelle a, bien entendu, un coût).

Pour qu'il y ait confiance, il faut un certain degré de capital social, c'est-à-dire une certaine quantité de liens de connaissance et d'interconnaissance entre les individu. Pourquoi ? Pour deux raisons au moins. Premièrement, si A a déjà fait affaire avec B et C sans qu'il y ait trahison, alors B peut estimer possible de faire affaire avec C. De ce point de vue, certains marchés sont loin d'être les ensembles anonymes qu'on nous décrit parfois et sont au contrairement fortement personnalisés. D'autre part, sur un marché fortement intégré par des liens entre les différents agents, la trahison a un coût beaucoup plus élevé : l'information circulant rapidement, trahir ne revient pas seulement à se priver d'un partenaire mais de tous les partenaires. La réputation est un point particulièrement important sur beaucoup de marché, et la multiplication des liens entre individus y contribue de façon négligeable. Tout dépend de la nature des activités : dès qu'il y a une forte incertitude concernant la qualité du partenaire, recourir à des personnes que l'on connaît ou que l'on nous recommande est quasiment inévitable. Les marchés financiers fonctionnent parfois sur ce modèle, le bâtiment aussi.

Dès lors, même l'innocente partie de belote dominicale est un moyen d'entretenir ces liens : échanges d'informations, discussions informelles où chacun se jaugent, nouvelles opportunités, etc. Mais c'est aussi l'occasion d'en créer de nouveaux. Sur de tels marchés, il y a des risques que se créent des barrières à l'entrée assez importante, puisque la réputation est difficile à obtenir. La sociabilité « hors marché » peut devenir un mode d'entrée comme un autre – à n'en pas douter, elle joue un rôle non négligeable dans certains milieux artistiques.

Mais cette même partie de belote, toujours aussi innocente, est un facteur de confiance important, sans laquelle les relations économiques seraient particulièrement difficile. On doit à Robert Putnam [7] d'avoir le plus insisté sur le rôle du capital social dans le bien-être des communautés. Sa thèse a été assez fortement contestée, particulièrement parce qu'il affirme l'existence d'un déclin du capital social aux Etats-Unis, essentiellement du fait de l'influence de la télévision (et sans évoquer, par exemple, la précarisation de l'emploi ou le retrait de l'Etat providence). Ses faiblesses tiennent essentiellement aux problèmes que posent la mesure de ce capital social – approché par un score dont la construction est plus que discutable (cf. le petit ouvrage d'une clarté irréprochable de Sophie Ponthieux [6]). Mais la participation associative, plus particulièrement visée par la remarque de Xavier Bertrand, en constitue un des indicateurs les moins discutables : si son absence ne signifie pas forcément un déclin du capital social, il est légitime de penser qu'elle joue un rôle positif dans celui-ci.

Au final, la remarque de Xavier Bertrand pose problème dans le cadre même de la « raison marchande » : elle s'appuie sur une fausse distinction entre l'économique et le reste du monde social. Sur un vision finalement vulgarisée et contestable du désencastrement de l'économie à la Polanyi. Mais l'économie n'est pas indépendante des relations sociales entre individus, y compris celles qui n'ont pas à strictement parler une vocation économique. Les politiques devraient commencer à prendre cela en compte : s'il est difficile de mener une politique encourageant la sociabilité ou le capital social, il doit être possible de ne pas trop l'affecter négativement.

Bibliographie :
[1] Luc Boltanski, Laurent Thévenot, Les économies de la grandeur, 1994
[2] Mark Granovetter, cliquez ici.
[3] Anne-Catherine Wagner, Les classes sociales dans la mondialisation, 2007
[4] Catherine Comet, « Capital social et profit des artisans du bâtiment : le poids des incertitudes sociotechniques », Revue Française de Sociologie, 2007
[5] James S. Coleman, Foundations of social theory, 1990
[6] Sophie Ponthieux, Le capital social, 2006
[7] Robert Putnam, Bowling Alone, 2000

7 commentaires:

Albert a dit…

Bonsoir,
Un billet gentil, documenté et plein d'humour, moi, je parlerais plutôt d' hémiplégie de classe... mais bon, je suis un peu fâché en ce moment.

Albert

JM a dit…

Je découvre aujourd'hui ce blog conseillé par une amie qui ne dors pas la nuit.
Mais je dois dire qu'on peut aussi apprécier dans la journée, et le projet, et le contenu (je n'ai lu pour l'instant que la partie de belote).
Bravo, je m'abonne

Nicolas C. a dit…

Intéressante tentative de critique "interne".

Je me demande toutefois si elle atteint totalement son but. Ne vivant pas en France et n'étant pas très au courant, je ne sais pas exactement qui serait concerné par cette loi. Je devine toutefois qu'elle concerne en priorité les employés/salariés, puisque rien n'empêche les patrons et les indépendants de travailler d'ores et déjà le dimanche. Comment alors concilier cela avec la réflexion sur l'importance du capital social pour le fonctionnement du marché? Sur quel(s) marché(s) ces petits employés sont-ils impliqués?

On pourra sans doute dire qu'ils sont au moins présent sur le marché du travail et qu'ils sont consommateurs. La belote dominicale serait alors surtout importante pour faire circuler les informations (salaires, places libres, etc), plus que pour favoriser la confiance entre ces employés, qui ne me semble (à tort, peut-être) pas jouer un rôle fondamental sur ces marchés.

Si je peux me permettre de revenir à une critique externe, je rappellerai que les politiciens affirment généralement que leurs propositions relèvent du "bien commun", de l'intérêt général, qu'elles profiteront à l'ensemble de la société - et cela, qu'ils défendent la solidarité ou l'efficacité. Il ne faudrait pas pour autant oublier les intérêts plus particuliers qu'ils défendent également. Ainsi, si la sociabilité dominicale favorise l'existence de liens faibles, elle peut faciliter les mobilisations syndicales notamment (je suis ici le raisonnement que vous teniez dans un autre de vos billets).

Chercher à généraliser le travail dominical pourrait ainsi favoriser les patrons en diminuant la capacité d'opposition des syndicats, ce qui serait un intérêt particulier défendu par la droite. A l'inverse, tenter de défendre la vie associative du dimanche pourrait être la défense par la gauche de l'intérêt particulier des syndicats.
Qu'en pensez-vous?

Denis Colombi a dit…

@ Nicolas C. : pour votre première remarque "internaliste", je pense qu'il faut rappeler tout d'abord qu'une meilleure information sur les emplois signifie un meilleur appariemment entre emplois et travailleurs, et donc un gain d'efficacité. Ensuite, la confiance est importante sur le marché du travail : celle-ci réduit les périodes d'essai, les coûts de recherche (de l'emploi ou du travailleur), les coûts de protection contre l'opportunisme, etc. Enfin, je pense que les "marchés" sur lesquels sont insérés les employés et autres "petits" salariés sont plus vastes que ce que l'on pourrait penser. Mais là vous m'avez fait penser à quelques phénomènes que je n'ai pas décrit. Je vais donc faire une deuxième note pour le coup !

Sur votre critique externe, je n'ai pas grand chose à dire si ce n'est que je suis content de voir que mes billets servent à quelque chose ! Reste à savoir s'il y a derrière les positions de droite et gauche seulement de la défense d'intérêts particuliers : je crois qu'il y a aussi des choix idéologiques assez forts.

verel a dit…

La confiance est en effet un élément fondamental dans le fonctionnement économique
Mais elle fait un curieux ménage avec les liens sociaux
Bernard Madoff avait capitalisé sur ses liens sociaux et le résultat n'est pas forcément celui que pouvaient attendre ses "amis"
Pareil pour Thierry de Villehuchet qui a perdu 1.4 milliards dans l'affaire et "qui avait entraîné tous ses amis
Protégez moi de mes amis, mes ennemis je m'en charge"...

Ceci dit, le réseau social est en effet un élément majeur pour retrouver du travail, en particulier pour les cadres

Votre début sur les valeurs de droite et de gauche est également très intéressant, même si on peut discuter le passage fait de la vie associative à la solidarité

Oui, vraiment excellent billet !

Denis Colombi a dit…

@ Verel : décidement, les commentaires de ce billet m'en inspireront beaucoup d'autres ! Votre remarque sur l'affaire Madoff est très pertinente : je vais me pencher là-dessus avec la théorie des trous structuraux de Burt et j'en reparlerais sans doute bientôt. Tout cela est une question de structure du réseau : si les liens sont suffisamment denses, ils permettent la surveillance mutuelle et rendent la confiance rationnelle ; si des liens "manquent", cela crée les conditions nécessaires de l'opportunisme. De plus, comment trahir sans confiance ?

Merci en tout cas, pour la remarque finale.

Anonyme a dit…

Bonjour
j'arrive sur ton blog via inter-es.
Et je trouve ton article intéressant et c'est vrai que c'est une question inépuisable mais cela me fait pensé à un reprise de Krugman dans la mondialisation n'est pas coupable avec l'effet Sherwin, si tu ne e connais pas en voici le résumé ci-dessous. Qu'en penses tu?
Tu peux me répondre sur ;
sesboudon@yahoo.fr

Amicalement Richard Boudon.
Sherwin Rosen a montré l’effet superstar, grâce au PT un individu peut prendre en charge bcp plus d’affaires que par le passé et donc ces superstars de bien meilleurs résultats…

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